Si novembre avait sonné l'alarme avec des pics de prix inquiétants, décembre 2025 est venu rassurer les marchés. C'est un mois d'hiver "parfait" sur le papier : froid, donc demandeur en énergie, mais remarquablement bien géré par les moyens de production.
Chez Kuartz, nous analysons ces données pour comprendre comment, malgré une demande accrue, le système électrique a réussi à lisser ses efforts, offrant une leçon de stabilité pour clore l'année.
Décembre confirme l'installation de l'hiver, mais avec une dynamique très différente du mois précédent. Nous sommes passés d'un marché "en dents de scie" à un marché "plateau".
Sans surprise, le prix moyen mensuel a grimpé pour atteindre 68€/MWh (contre 60€/MWh en novembre). Cette hausse de 13% est mécanique : les températures baissent, les radiateurs tournent à plein régime et la demande globale augmente.
Ce niveau de prix place le système sous tension, mais reste tout à fait cohérent avec les historiques "sains" du marché :
Nous finissons l'année sur un niveau quasi identique à 2023, confirmant la stabilisation structurelle du marché.
C'est ici que décembre se distingue de novembre. Alors que nous craignions une explosion des prix de pointe (le fameux pic de 19h), le marché s'est assagi.
Comment expliquer que le prix moyen monte alors que le prix maximum baisse ? C'est le signe d'une excellente gestion de l'équilibre offre/demande. Contrairement à novembre où le système était pris de court le soir, en décembre, les moyens de production ont été mobilisés de manière plus fluide. Il n'y a pas eu de "surplus de demande" critique. La charge a été répartie, évitant le recours aux centrales d'appoint les plus onéreuses.
Pour le deuxième mois consécutif, les prix négatifs sont aux abonnés absents (0h). Le prix minimum est resté positif (légèrement au-dessus de 0€). Cela confirme qu'il n'y a aucun surplus d'offre, même lors des nuits ventées ou des weekends. Le ruban de consommation est suffisamment haut pour tout absorber.
L'éolien confirme son statut de pilier indispensable durant la saison froide, avec une régularité de métronome.
Les données de production sont une copie quasi conforme du mois précédent :
Cette stabilité est une excellente nouvelle pour la sécurité d'approvisionnement. L'éolien a fourni un "socle" de puissance constant, permettant justement d'éviter les flambées de prix que nous redoutions.
Côté finance, le bilan est un peu plus mitigé pour les producteurs éoliens :
Bien que le prix capturé augmente légèrement en valeur absolue (grâce à la hausse du marché global), l'éolien s'éloigne du prix moyen de référence (68€). L'explication réside dans la baisse de la volatilité : en l'absence de pics de prix très élevés, il y a moins d'opportunités de "surperformance". L'éolien a produit en continu, mais a subi la décote des énergies classiques (produire beaucoup quand tout le monde produit).
En décembre, le solaire touche son point bas annuel en volume, mais tire son épingle du jeu sur la valorisation.
Avec les jours les plus courts de l'année, la production solaire devient anecdotique :
À ce niveau, le solaire n'influence plus le prix du marché, il le subit.
Cependant, contrairement à novembre, le solaire s'est très bien vendu :
Ce chiffre peut surprendre. En novembre, le solaire était pénalisé car il produisait le midi (prix bas) et ratait le pic du soir (prix très haut).
En décembre, comme le prix maximum a baissé (135€), l'écart entre le prix de midi et le prix du soir s'est considérablement réduit. La courbe des prix s'est aplatie. Résultat : le MWh solaire de midi vaut presque autant que le MWh moyen de la journée. C'est la preuve que dans un marché moins volatil, la régularité paye.
Décembre 2025 clôture l'année sur une note de maturité.
Si le consommateur retient un prix moyen en hausse (68€), l'analyste, lui, retient la disparition de la volatilité extrême.
Pour les développeurs et agrégateurs, 2025 se termine sur un constat rassurant : le marché fonctionne. Reste à voir si janvier, souvent le mois le plus rude, parviendra à maintenir cet équilibre précaire ou si le froid intense réveillera les vieux démons de la volatilité.