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ÉNERGIE

Le marché de l'énergie en juillet 2026 : comprendre l'écart éolien/solaire

Analyse du marché de l'énergie en juillet 2026 : un prix SPOT moyen à 95,23 €/MWh. Le solaire pâtit de la cannibalisation tandis que l'éolien surperforme.


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Le mois de juillet 2026 marque une rupture sur le marché de l'électricité. Alors que l'été apporte habituellement des tarifs modérés grâce aux températures douces et à la baisse d'activité, les prix ont nettement augmenté sur le marché SPOT. Le prix moyen mensuel a grimpé pour atteindre un niveau élevé pour la saison.

Cette hausse globale ne doit pas faire oublier la forte instabilité des cours au quotidien. L'été 2026 met en évidence une différence de valeur de plus en plus marquée entre les filières renouvelables. D'un côté, le solaire souffre d'une baisse importante de sa valorisation financière en milieu de journée, au moment où toutes les centrales injectent en même temps sur le réseau. De l'autre côté, l'éolien profite pleinement des prix très élevés enregistrés lors des pointes de consommation du soir et montre une excellente rentabilité.

Dans cet article, nous analysons dans le détail les chiffres de juillet 2026. Nous expliquons les grands mouvements du marché, l'impact de l'usage intensif de la climatisation durant les vagues de chaleur, et les conséquences directes pour la gestion opérationnelle des parcs solaires et éoliens.

Prix SPOT au global : une hausse marquée du niveau moyen et une volatilité persistante

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Pour bien appréhender les évolutions du marché électrique sur un mois donné, il est nécessaire d'analyser le prix moyen de l'électricité et aussi les fortes variations observées au cours des journées.

La hausse du prix moyen mensuel

Le prix moyen de l'électricité sur le marché SPOT s'établit à 95,23 €/MWh en juillet 2026. Ce chiffre représente une hausse très nette de près de 42% par rapport au mois de juin 2026, où le prix moyen ressortait à 67,08 €/MWh.

Capture décran 2026-08-05 155347Cette progression est surprenante pour un mois d'été, où la demande globale a plutôt tendance à se stabiliser. En observant les données des années précédentes, le changement de tendance apparaît clairement :

  • En juillet 2023, le prix moyen s'établissait à 57 €/MWh.
  • En juillet 2024, il se situait à 59 €/MWh.
  • En juillet 2025, il atteignait également 59 €/MWh.

Avec 95,23 €/MWh en juillet 2026, le marché s'éloigne de la stabilité observée lors des trois derniers étés. Cette tension globale s'explique par la combinaison de plusieurs facteurs clés. D'abord, les vagues de chaleur ont entraîné un recours massif à la climatisation dans les bâtiments tertiaires et résidentiels, ce qui a soutenu la consommation globale d'électricité. Ensuite, des travaux de maintenance programmés ou des indisponibilités sur certaines centrales nucléaires ont réduit l'offre disponible. Enfin, pour répondre aux appels de charge pendant les heures les plus sollicitées, le réseau a dû mobiliser des centrales thermiques à gaz et des installations hydrauliques de lac, dont le coût de fonctionnement élevé tire les prix vers le haut.

De très grands écarts au cours d'une même journée

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La moyenne mensuelle cache des variations quotidiennes impressionnantes. Le marché électrique enregistre une volatilité très forte entre le milieu de la journée et le début de la soirée.

Le prix minimum du mois est descendu à -9,75 €/MWh le samedi 25 juillet à 13h. En comparaison, au mois de juin, le cours minimum était tombé beaucoup plus bas, atteignant -45,87 €/MWh. Le plancher du mois de juillet est donc nettement moins profond qu'au printemps. Cela s'explique directement par la consommation liée aux climatiseurs en début d'après-midi. Cet usage important de rafraîchissement crée un besoin d'électricité additionnel pendant les heures les plus chaudes. Cette demande soutient le réseau et empêche le prix de s'enfoncer aussi bas qu'au printemps lors des pics de surproduction.

À l'inverse, le prix maximum du mois a atteint 230,03 €/MWh le jeudi 16 juillet à 20h. Ce pic tarifaire survient au moment précis où le soleil se couche. La production solaire s'éteint alors que les ménages rentrent chez eux et que la climatisation tourne encore à un niveau élevé dans de nombreux locaux.

L'écart de prix maximum enregistré sur une seule journée s'élève ainsi à 220,02 €/MWh en juillet 2026. C'est un niveau quasiment identique à celui du mois de juin (217,63 €/MWh). Ces écarts importants prouvent que le système électrique a de vraies difficultés à lisser l'offre et la demande entre les heures ensoleillées du midi et la pointe du soir.

Heures à prix négatifs : des surplus réguliers en milieu de journée

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Les prix négatifs apparaissent lorsque la production globale d'électricité dépasse les capacités d'absorption du réseau et que certains producteurs préfèrent payer pour injecter leur énergie plutôt que d'arrêter leurs installations.

Un volume d'heures négatives toujours important

Au cours du mois de juillet 2026, le marché SPOT a comptabilisé 80 heures à prix négatifs. Cela représente environ 11% du temps sur l'ensemble du mois. Ce volume enregistre une légère baisse par rapport au mois de juin, qui avait compté 96 heures négatives (soit près de 13% du mois).

Même si le volume diminue un peu, dépasser la barre des 80 heures montre que les surplus d'électricité restent très fréquents en période estivale. Ces épisodes de surproduction surviennent principalement pendant les fins de semaine. Durant le week-end, les usines tournent au ralenti et l'activité économique globale baisse, mais les centrales photovoltaïques continuent de produire au maximum sous le soleil de l'après-midi.

La durée des épisodes et les besoins d'écrêtement

La durée en continu des prix négatifs apporte un éclairage indispensable pour les producteurs et les agrégateurs d'énergie. En juillet 2026, une séquence à prix négatif a duré en moyenne 4,71 heures de suite, marquant un net recul par rapport à juin (7,38 heures).

Cependant, la période maximale d'heures négatives consécutives est restée identique d'un mois sur l'autre : le marché a connu une pointe de 10 heures d'affilée sous la barre du zéro. Pour un exploitant de parc photovoltaïque ou éolien, vendre son énergie à des cours négatifs pendant 10 heures consécutives engendre des pertes financières directes qui dégradent la rentabilité du projet.

C'est là que la gestion active des actifs prend toute son importance. Pour éviter de perdre de l'argent sur le marché SPOT, les producteurs doivent couper temporairement leurs installations. Cet arrêt ordonné, appelé écrêtement, exige de disposer de logiciels de supervision performants capables de réagir automatiquement en temps réel dès que les cours du marché s'effondrent sous zéro.

La filière solaire : une production forte mais une valeur financière en baisse

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Le mois de juillet est une période idéale pour la production photovoltaïque sur le plan physique. Les journées sont longues et le rayonnement solaire est intense. Pourtant, les résultats financiers de la filière montrent les limites d'une production trop concentrée dans le temps.

Des indicateurs physiques de production au plus haut

Sur le plan technique, les chiffres du solaire sont très bons. Le facteur de charge solaire atteint 20,59% en juillet 2026, contre 20,11% en juin. Cela signifie que les panneaux photovoltaïques ont fonctionné à une part très importante de leur capacité maximale théorique pendant ce mois d'été.

Grâce à ce volume élevé, le taux de couverture solaire s'établit à 14,71% en juillet, marquant une hausse par rapport à juin (13,97%). La filière solaire a donc fourni près de 15% de toute l'électricité consommée en France durant le mois. C'est un apport quantitatif indispensable pour le mix énergétique national.

Le phénomène de cannibalisation s'accentue

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Malgré ces volumes importants, la rentabilité financière des centrales solaires baisse de façon très nette. Le prix capturé par le solaire s'est élevé à 50,16 €/MWh en juillet. Ce chiffre augmente légèrement par rapport à juin (42,83 €/MWh), mais il reste très inférieur au prix moyen du marché SPOT qui se situe à 95,23 €/MWh.

Le taux de capture solaire chute ainsi à 52,67% en juillet, contre 62,82% au mois de juin. Cela signifie qu'un MWh solaire produit en juillet 2026 s'est vendu en moyenne 47% moins cher que le prix moyen de base de l'électricité sur l'ensemble du mois.

Ce résultat décevant s'explique très simplement par l'effet de cannibalisation. Toutes les installations photovoltaïques de France et d'Europe produisent au même moment, entre 11h et 16h. Elles déversent une quantité massive d'électricité sur le réseau exactement aux mêmes heures. Certes, les fortes chaleurs estivales poussent les ménages et les entreprises à faire tourner la climatisation durant l'après-midi, ce qui élève la consommation globale. Mais cette demande supplémentaire liée au rafraîchissement ne suffit pas à éponger le volume gigantesque de la production photovoltaïque.

L'offre de courant solaire reste bien supérieure aux besoins instantanés du réseau pendant l'après-midi. Les prix s'affaissent donc au moment exact où les panneaux produisent le plus. Et comme les centrales solaires ne produisent plus rien à 20h, au moment où la climatisation continue de fonctionner et où la consommation des ménages atteint son sommet, la filière ne peut pas profiter des tarifs très élevés du soir.

La filière éolienne : une excellente rentabilité grâce à un profil de production étalé

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La situation de l'éolien est à l'opposé de celle du solaire. En été, les éoliennes produisent des volumes plus modérés en raison de régimes de vent plus faibles, mais leur répartition temporelle sur 24 heures leur permet de capturer des prix très avantageux.

Un volume de production estival classique

Pendant l'été, le vent souffle généralement moins fort qu'en hiver ou au printemps. Les données physiques de la filière éolienne reflètent parfaitement cette réalité saisonnière :

  • Le facteur de charge éolien s'établit à 15,93% en juillet 2026, un niveau très proche de juin (15,86%).
  • Le taux de couverture éolien atteint 11,04% en juillet, contre 11,95% le mois précédent.

L'éolien a fourni un peu plus de 11% de l'électricité du pays sur le mois. C'est un niveau de production tout à fait ordinaire et conforme aux standards pour une période estivale.

Un prix capturé bien supérieur à la moyenne du marché

Si les volumes produits sont modestes, la valorisation financière de l'éolien est excellente. Le prix capturé par la filière éolienne s'envole pour atteindre 101,44 €/MWh en juillet 2026, contre seulement 54 €/MWh au mois de juin.

Le taux de capture éolien grimpe ainsi à 106,52% en juillet, alors qu'il s'établissait à 81,35% en juin. Un taux de capture supérieur à 100% signifie que les parcs éoliens ont réussi à vendre leur électricité plus cher que le prix moyen global du marché SPOT base.

Cette surperformance financière remarquable s'explique par le timing d'injection. Contrairement au solaire, l'éolien produit aussi bien la nuit, le matin, que le soir. Il continue d'injecter de l'électricité vers 20h et 21h, quand le soleil est totalement couché, que la climatisation fonctionne encore dans les foyers et que la demande est au plus fort. À ces heures de tension sur le réseau, le marché fait appel à des moyens de pointe plus coûteux comme les centrales thermiques à gaz ou les barrages hydrauliques, ce qui fait monter les prix au-delà de 160 €/MWh. En injectant pendant ces créneaux du soir, la filière éolienne capte des tarifs très élevés et évite les baisses de prix du milieu de journée.

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