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ÉNERGIE

Le marché de l'énergie en juin 2026 : l'effet de la chaleur sur les prix

Analyse du marché électrique en juin 2026. Les fortes chaleurs font grimper le prix moyen à 66 €/MWh. La climatisation redresse la valeur du solaire.


Le mois de juin 2026 marque l'arrivée des premières vagues de chaleur. Ces températures élevées modifient la dynamique du marché par rapport au printemps. La hausse de la consommation pour la climatisation pousse les prix moyens vers le haut et redessine la rentabilité des filières renouvelables.

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1. Prix SPOT : l'impact direct des fortes chaleurs de l'été

Capture décran 2026-07-07 113703Le mois de juin 2026 affiche une hausse très nette des prix de l'électricité. Le prix moyen mensuel s'établit à 66,07 €/MWh. Ce chiffre montre une augmentation claire par rapport au mois de mai, où la moyenne était de 52 €/MWh. Si l'on regarde l'historique des dernières années, la tendance change de direction. En juin 2024, le prix moyen s'était effondré à seulement 4 €/MWh. L'année dernière, en juin 2025, il était remonté à 41 €/MWh. Avec 66,07 €/MWh cette année, le marché s'approche désormais des niveaux élevés de juin 2023, période encore influencée par la crise énergétique, où la moyenne atteignait 71 €/MWh.

Cette hausse globale s'explique par des conditions climatiques particulières. Juin a été caractérisé par des températures très élevées et prolongées. Les données météo et la courbe des prix sur le réseau montrent une corrélation parfaite. Quand la température monte, les prix de l'électricité suivent la même trajectoire.

Un pic de prix maximal provoqué par la climatisation

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 Le marché a enregistré son prix le plus haut le 24 juin 2026 à 19h. À ce moment précis, le prix SPOT a atteint 313,36 €/MWh. C'est presque le double du maximum du mois de mai, qui n'avait pas dépassé les 160 €/MWh. L'écart de prix maximum sur tout le mois s'établit lui à 217,63 €/MWh.

Ce pic de prix coïncide avec une période de forte chaleur. À la fin du mois de juin, les températures moyennes dans une journée ont approché la barre des 30°C. Les entreprises et les ménages ont utilisé massivement les systèmes de climatisation et de refroidissement. Cette utilisation simultanée crée une forte augmentation de la demande globale sur le réseau électrique. La pointe de consommation arrive en fin de journée. Même à 19h, les bureaux sont encore actifs et les particuliers rentrent chez eux. C'est le moment où les systèmes de climatisation tournent à plein régime pour rafraîchir les bâtiments.

En fin de journée, la production d'énergie solaire diminue rapidement puis s'arrête avec le coucher du soleil. Le réseau électrique doit alors faire appel à des moyens de production thermiques ou hydrauliques pour compenser la baisse du renouvelable et répondre à la hausse de la consommation. Ces centrales de secours ont des coûts de fonctionnement plus élevés. Ce mécanisme de marché explique pourquoi le prix SPOT grimpe aussi haut lors des soirées de canicule.

Des prix minimums moins extrêmes qu'au printemps

À l'autre extrémité de la courbe, le prix SPOT minimum est descendu à -45,87 €/MWh. Ce point bas a été atteint le dimanche 13 juin 2026 à 13h. Il est intéressant de noter que ce prix minimum n'est clairement pas aussi bas que ceux des deux mois précédents. En avril et en mai 2026, les prix minimaux avaient plongé extrêmement bas, atteignant presque -500 €/MWh.

Le 13 juin à 13h, la production solaire s'élevait à 13,44 GWh. La production éolienne était très faible, avec seulement 1,34 GWh. Le fait que le prix ne plonge pas sous les -50 €/MWh s'explique à nouveau par la température. En plein milieu de journée, le soleil brille et la chaleur est forte. La consommation d'électricité pour la climatisation est alors très importante. Cette demande estivale soutenue permet d'absorber une grande partie de la production photovoltaïque. Le surplus d'offre injecté sur le réseau est donc moins important qu'au printemps, ce qui évite un effondrement total des prix.

2. La persistance des prix négatifs sur le réseau

Malgré des prix minimaux moins profonds, les prix négatifs restent fréquents. Le mois de juin comptabilise un total de 96 heures avec un prix inférieur à zéro. Ce chiffre reste très proche du mois de mai, qui comptait 103 heures négatives. Cela signifie que pendant près de 13,33% du temps, l'offre d'électricité est restée supérieure à la demande disponible.

De longues périodes de surproduction

Un autre indicateur montre une difficulté persistante pour le système électrique. La période maximale continue d'heures à prix négatifs s'est allongée. Elle atteint 10 heures d'affilée au mois de juin, contre 9 heures d'affilée au mois de mai.

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Ces longues périodes surviennent principalement durant les week-ends de juin. Le samedi et le dimanche, l'activité industrielle est réduite. La demande de base du pays diminue. Si l'ensoleillement est fort durant ces journées, le réseau sature rapidement. Le fait que les prix restent négatifs pendant 10 heures consécutives montre que l'ajustement de l'offre reste difficile. Certains producteurs traditionnels préfèrent payer pour injecter leur électricité plutôt que d'arrêter temporairement leurs installations.

La structure de la courbe horaire d'été

La forme de la courbe des prix par heure confirme l'existence de la duck curve. Les prix s'effondrent de façon systématique entre 11h et 16h. C'est la période où l'irradiation solaire est la plus forte.

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En comparant les années, on observe que la courbe de juin 2026 descend très bas au milieu de la journée. Le prix moyen horaire autour de 13h et 14h avoisine les 15 €/MWh. C'est un niveau très bas, mais il reste supérieur à la courbe de l'année 2024. En juin 2024, le prix moyen horaire du midi était devenu négatif. En juin 2026, la consommation liée à la climatisation joue un rôle de tampon. Elle empêche la moyenne horaire du midi de passer sous la barre du zéro, même si les heures négatives restent nombreuses sur l'ensemble du mois.

3. Filière solaire : une bonne reprise de la valeur financière

Pour les exploitants de parcs photovoltaïques, le mois de juin 2026 apporte des résultats financiers bien meilleurs que ceux du printemps. La filière profite directement de la hausse générale des prix de marché.

Les indicateurs de production en progression

Sur le plan technique, les indicateurs sont orientés à la hausse en raison de la saisonnalité estivale. Le facteur de charge solaire progresse à 20,11% en juin, contre 17,74% au mois de mai. Les installations ont fonctionné à un niveau élevé de leur capacité théorique.

En conséquence, le taux de couverture solaire augmente également. Il s'établit à 13,97% en juin, contre 13,63% le mois précédent. Les panneaux photovoltaïques ont fourni une part plus importante de l'électricité consommée dans le pays.

Un bond important du prix capturé

La modification la plus importante concerne la rentabilité de l'énergie produite. Le prix capturé par la filière solaire fait un bond spectaculaire. Il atteint 41,51 €/MWh en juin. En mai, ce prix de capture s'était effondré à seulement 18,10 €/MWh.

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Cette hausse s'explique par la concomitance entre la production solaire et l'usage de la climatisation. Les climatiseurs fonctionnent principalement en journée, au moment précis où le soleil brille et où les panneaux produisent. Cette demande accrue à la mi-journée soutient les prix de marché. Au lieu de produire une énergie qui ne vaut rien, les parcs solaires injectent leur électricité à un moment où le réseau en a besoin pour refroidir les bâtiments.

Le taux de capture reflète cette amélioration. Il remonte à 62,82% en juin, alors qu'il était tombé à 34,60% en mai. L'effet de cannibalisation reste actif puisque le taux reste inférieur à 100%. Les parcs solaires vendent toujours leur électricité moins cher que le prix moyen global du marché. Cependant, la perte de valeur est beaucoup moins lourde qu'au printemps.

4. Filière éolienne : des revenus stables malgré un taux de capture en baisse

La filière éolienne présente un profil différent ce mois-ci. Elle conserve des niveaux de prix corrects, mais son avantage par rapport à la moyenne du marché s'est réduit.

Légère hausse des volumes produits

Le vent a soufflé de manière régulière durant le mois. Le facteur de charge éolien s'établit à 15,86% en juin. Ce chiffre est en légère augmentation par rapport au mois de mai, où il atteignait 14,70%. Les éoliennes ont donc produit un volume d'énergie légèrement supérieur.

Le taux de couverture éolien suit la même courbe. Il passe de 10,09% en mai à 11,05% en juin.

Évolution des performances financières

Grâce à la hausse générale du marché SPOT, le prix capturé par l'éolien augmente. Il s'établit à 53,75 €/MWh en juin, contre 49,98 €/MWh au mois de mai. L'énergie éolienne s'est vendue à un tarif moyen plus rémunérateur pour les exploitants.

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En revanche, le taux de capture de l'éolien enregistre une baisse nette. Il chute à 81,35% en juin, alors qu'il atteignit 95,57% en mai. Cet indicateur montre que le timing d'injection a été moins favorable par rapport à la moyenne du mois. Les éoliennes ont produit une part importante de leur énergie durant des phases où les prix étaient modérés. Elles n'ont pas pleinement profité des très hauts prix de pointe observés lors des soirées de canicule à la fin du mois, les épisodes de vent fort ne coïncidant pas forcément avec ces pics de consommation.

 

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